Quand sonne Mehdi !

Quand sonne Mehdi !

L’un vient du hip hop, l’autre du jazz manouche. Une rencontre improbable et pourtant il suffit de les voir sur scène pour constater que la magie opère. L’univers créé par ces deux artistes est tout à fait singulier, on pourrait dire que c’est du slam accompagné de musiques du monde, du spoken world en quelque sorte.

Deux vieux briscards de la scène qui maîtrisent à perfection leur sujet. La synergie entre ces deux artistes est époustouflante, leur complicité communicative.

MEHDI DIX, slameur devant l’éternel, aligne des textes qui piquent et qui caressent, et cet amour de la langue qui nous réconcilie avec le monde, avec nous-même. Sa plume rend le propos intelligible et intelligent, sa voix nous transporte. Une bonhomie naturelle et un charisme étincelant qu’aucune scène ne peut y résister.

OLIVIER KIKTEFF en maître des cordes s’ajoute à la beauté du moment. Là aussi nous découvrons un personnage haut en couleur dont l’expression musicale est parfois tout en subtilité, parfois complètement dans l’énergie. Lui qui est pourtant connu pour sa vélocité avec les guitares manouches, nous montre dans ce nouveau projet qu’il est aussi un grand compositeur et un arrangeur hors pair.

Quand Sonne Mehdi c’est du « spoken world », musique hybride et inédite, entre spoken word et world music.
C’est un duo symphonique, un récital de slam aux arrangements raffinés pour servir une musique urbaine, vigoureuse et fragile à la fois, ancrée dans la terre nourricière des mélopées traditionnelles…
Deux artistes dont la rencontre improbable marie à merveille la poésie lunaire du slameur Mehdi dix aux compositions éclectiques d’Olivier Kikteff, un mélange de scat rap, ballade orientale, funk de lettres ou afro jazz…
La poésie de QSM est dense et mystique, elle questionne, se fond dans le groove hypnotique d’Olivier.

Elle étend sa réflexion sur l’identité d’un homme parmi le monde par une introspection heureuse et poétiquement incorrect. Mais QSM c’est aussi une invitation à la danse, une musique kinesthésique qui, à elle seule, défraie l’art chronique….