Poésie slam en Afrique: une parole vivifiante

Poésie slam en Afrique: une parole vivifiante

Manifester hors du cadre des institutions est une manière d’exprimer farouchement un désir de changement dans une société. La poésie slam en Afrique a trouvé son public. A la fois porteuse d’une tradition orale ancestrale et à la fois prise par cette soif de bousculer l’ordre établi, l’Afrique apporte son oralittérature au monde. Les africains sont de grands propriétaires culturels. La poésie slam en est une demeure honorée.

POESIE SLAM EN AFRIQUE : UNE HISTOIRE D’AMOUR DE LONGUE DATE

Dans l’histoire des joutes traditionnelles à Tayacou, les anecdotes sont légion. On raconte ainsi que la tribu des Tohouoma est celle qui a produit les plus grands poètes de tous les temps en pays Natemba. On pourrait donc soutenir que les graines originales du slam poétique ont été semées à Madagascar. Car la culture malgache a toujours incorporé le Hainteny (en malgache, “connaissance des mots”). Une forme traditionnelle de littérature et poésie orale malgache alors fortement teintée de métaphore. Ainsi, Madagascar est le pays où la poésie slam en Afrique est sûrement la plus dynamique.

La poésie slam en Afrique est en fait une continuité. Une appellation plus contemporaine pour porter le poids d’une Histoire dont on ne saurait dater le début. L’Afrique n’a pas attendu sur Marc Smith pour comprendre que l’éloquence et la performance poétiques sont l’affaire de tous. Il n’y a qu’à se rendre sur place pour s’en rendre compte. La culture hip hop ayant pris foyer dans la jeunesse africaine, c’est par instinct naturel que tous se jouent du rap comme du slam sans aucun complexe. Le rap et le slam sont des institutions. L’improvisation est innée. Cameroun, Ghana, Maroc, Sénégal ou Algérie… De l’Afrique francophone émerge une jeunesse qui a soif de dire. L’Afrique porte le slam sur le toit du monde.

POESIE SLAM EN AFRIQUE : L’AFFAIRE DE TOUS

A l’instar d’Omar Benkhatab Keita, président de la Ligue sénégalaise de slam et membre actif de l’association Africulturban. Il est un fervent militant de la parole libre. « La poésie slam en Afrique est en train de gagner de plus en plus en visibilité et en reconnaissance au regard du nombre de personnes qui nous rejoigne et du nombre de fédérations en Afrique qui ne cesse d’augmenter. Cette année pour la première fois, l’Afrique aura un membre du jury lors de la coupe d’Europe de slam à Louvain en Belgique via ma modeste personne.

Nous avons en moyenne dix tournois réguliers de poésie slam dans des espaces de l’Afrique de l’Ouest. Mais aussi en Algérie ou en Tunisie et un grand festival à Madagascar (Madagaslam), le Badilisha pour ne citer que ceux-là, et nous avons réussi à fidéliser un public.

On est également invités à participer à des salons du livre, des conférences, des colloques. On nous demande des adaptations d’œuvres littéraires aussi. Nous avons initié des scènes dans la rue afin d’amener le slam vers le public, puis les clubs par l’international.

Bientôt une structure comme la CAF sera mise sur pied pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nation de slam. Sans oublier les ateliers et les scènes de slam dans les établissements scolaires, les lycées, les écoles élémentaires et les universités. »